Messages de membres

1. Service aux membres


Énoncé de position - Volet II - les programmes, décembre 2015
Le médecin Et la gestion, pourquoi pas ?, décembre 2015
Résultats du sondage sur l'état de l'informatisation en CLSC, mai 2015
Portrait de la pratique médicale de nos membres, décembre 2014


2. Chronique : Petit coffre d'outils


3. Chronique : La santé publique et vous !


4. Chronique : Le coin du clinicien

Nous recherchons de fins cliniciens pour partager, au bénéfice de tous, leurs trucs secrets qui produisent des résultats intéressants, répétitifs et ne présentant aucun risque pour le patient. Je vous invite à faire parvenir à Madame Darlène Bond vos trucs cliniques, des recettes testées à maintes reprises avec succès, à info@amclscq.org.

Le coin du médecin

Documents PDF à consulter :
  • Sinus LIB PS - MD
  • Aérateur de couche - MD
  • Sécrétions d'arrière gorge résistantes aux lavages salins -MD

Le coin du patient

Documents PDF à consulter :
  • Sinus LIB PS - PT
  • Sécrétions d'arrière gorge résistantes au lavages salin - PT

 



1. Service aux membres




Énoncé de position sur la pratique médicale en CLSC :
Volet II - les programmes

Dre Catherine Risi, vice-présidente AMCLSCQ
bulletin, décembre 2015

Le voilà enfin… Adopté lors de la dernière assemblée générale de notre Association et disponible sur notre site Web... je parle évidemment de l’Énoncé de position sur la pratique médicale en CLSC : volet II - les programmes.

Je vous rappelle qu’il y a un peu plus d’un an, l’Exécutif de l’AMCLSCQ a mandaté un comité de travail pour l’élaboration de cet énoncé. Ce document se veut la suite de l’Énoncé sur la pratique médicale en CLSC édité en 2010. Il aborde de façon plus spécifique la pratique dans les programmes.

Après une mise en contexte, cet énoncé rappelle que peu importe les programmes, cette pratique médicale en CLSC répond à des besoins de services en première ligne, elle rejoint une clientèle vulnérable, elle offre des services de proximité et le plus souvent, elle inclut du travail en équipe interdisciplinaire.

Ce document présente certains programmes de façon plus spécifique à savoir : les soins à domicile et les soins palliatifs, la santé mentale, le programme jeunesse et petite enfance. Pour chacun d’eux, une brève description est faite, le rôle des médecins y est présenté ainsi que les défis pour la pratique médicale.

Rappelons que, selon un sondage effectué en juin 2014, la proportion estimée des médecins en CLSC membres de notre Association qui oeuvrent dans les différents programmes est de : 54 % pour les soins à domicile,
34 % pour les soins palliatifs, 33 % pour jeunesse, 23 % en santé mentale et 14 % en petite enfance. Afin de réaffirmer l’importance de la pratique médicale dans les différents programmes en CLSC, plusieurs recommandations sont présentées.

Outre la diffusion de ce document auprès de la FMOQ et la reconnaissance que cette pratique médicale dans les programmes en CLSC inclut des activités de suivi de la clientèle, il est y également question de la pertinence de défendre une rémunération juste et équitable, de favoriser l’enseignement et d’encourager les stages dans ces programmes, d’offrir de la formation spécifique à cette pratique et de développer le réseautage et la collaboration avec les GMF et les cliniques médicales en première ligne.

Finalement, le recrutement de médecins en CLSC et la mise en place de conditions de pratique adaptées à la réalité clinique de ces différents programmes se doivent également d’être privilégiés. Avec les changements structuraux que connaît actuellement l’organisation des services de santé, cet énoncé de position vient réaffirmer l’importance et la pertinence de la pratique médicale dans les programmes en CLSC.

Merci aux Drs Louis Warren, Judith Gagnon, Wilfrid Boisvert et Thanh Phuong Ngo qui ont participé aux travaux de ce document. Leur collaboration a été fort précieuse.

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Le médecin Et la gestion, pourquoi pas ?

Dre Thuy Phuong La, AMCLSCQ
bulletin, décembre 2015

Depuis l’annonce du projet de loi 20, j’ai l’impression que les médecins omnipraticiens qui oeuvrent en établissement sont moins intéressés à participer aux tâches médico-administratives. Dans le contexte actuel, cette indifférence est facile à comprendre. Les médecins veulent maximiser leur temps clinique et ainsi contribuer à l’atteinte des cibles d’inscription et d’assiduité que prévoit l’entente qui a repoussé l’échéance de l’application de la loi 20.

D’autres médecins occupant des postes de gestion continuent de vaquer à leurs occupations bien qu’ils soient inquiets que leurs tâches médico-administratives n’équivalent celles liées à leurs activités cliniques.

Avec l’adoption de loi 10, le réseau de la santé et des services sociaux est en profonde réorganisation. Cette période de transition génère de grandes incertitudes, notamment avec la fusion des établissements. Elle offre cependant d’intéressantes opportunités pour tous les médecins, omnipraticiens et spécialistes, qui souhaiteraient s’impliquer dans la gouvernance locale.

Au fil des ans, nous avons été invités à participer davantage aux activités organisationnelles. Il est bien connu que l’engagement des médecins dans les postes de gestion a favorisé le bon fonctionnement et la performance des établissements de santé.

Votre CISSS ou CIUSSS vous a probablement fait parvenir au cours des derniers mois un appel de candidature pour l’exécution de différentes tâches administratives. D’autres sollicitations suivront dans les prochains mois. Le profil des médecins recherchés cible des leaders, des rassembleurs et des responsables ouverts à la gestion du changement.

La plupart des médecins gestionnaires concilient des activités cliniques à d’autres de gestion. Leur proximité du terrain leur confère un réel avantage et leur permet d’occuper des fonctions auxquelles les gestionnaires non cliniciens n’ont pas accès notamment les fonctions de DSP, de président du CMDP et de chef de département. Cependant, de nombreuses autres affectations peuvent être assumées par les omnipraticiens à savoir : représentant dans les différents comités et sous-comités du CMDP, coordinateur médical du GACO, médecin responsable du GMF ou de la clinique réseau, coordinateur médical de programme, chef de la Table local du DRMG, etc.

Les médecins évoquent souvent la perte de revenus pour ne pas s’impliquer dans les tâches médico-administratives. D’autres pensent encore que de s’engager sur le plan organisationnel équivaut à faire du bénévolat.

Dans notre système, il n’est pas faux de dire qu’il y a plus d’incitatifs financiers à effectuer une pratique clinique qu’à collaborer à la gestion, et ce, bien que la plupart des responsabilités inhérentes sont rémunérées.

Ce n’est pas juste une question de rémunération. S’impliquer dans l’organisation de son établissement octroie aussi des bénéfices notamment : le plaisir de relever de nouveaux défis, de prendre part aux décisions, de contribuer au bien-être de la population et d’avoir un impact plus large, le bien-être et la satisfaction de son milieu de travail, sans compter les possibilités d’avancement pour votre carrière.

Certains se disent intéressés à occuper ces postes stratégiques, mais en raison de leur inexpérience hésitent à se lancer. C’est un fait, s’engager à la fois dans une pratique médicale et dans la gestion de son environnement est souvent un choix exigeant, mais au combien enrichissant. Il est tout à fait normal que les médecins se sentent inconfortables à jouer un rôle qui va au-delà de leurs tâches cliniques quotidiennes.

Pour une grande majorité d’entre nous, nous n’avons pas reçu la formation adéquate pour devenir des gestionnaires et pour assumer des responsabilités qui ne sont pas directement liées à nos patients.

Certains d’entre nous y ont été exposés à l’université. Si ce n’est pas votre cas, ces connaissances pourront s’acquérir, petit à petit, au long de votre carrière à travers votre implication dans les tâches médico-administratives de votre établissement ou encore par l’entremise de formations. D’ailleurs, de plus en plus d’organismes offrent du soutien aux médecins qui souhaiteraient devenir des leaders en médecine dans le réseau.

Par exemple, l’Association médicale du Québec offre du soutien au développement des compétences pour les médecins gestionnaires via le Regroupement des médecins gestionnaires. Le 1er colloque médecins gestionnaire de l’AMQ avait lieu le 19 novembre 2015 à Montréal.

Si le monde de la gestion vous intéresse, il est fort possible que le syndicalisme vous intéresse également! La FMOQ organise un congrès syndical tous les quatre ans pour contribuer à la formation de ses membres. Le congrès qui a eu lieu au mois de mai 2015 a été une excellente occasion pour plusieurs de nos membres d’approfondir leurs connaissances en la matière.

Que nous le souhaitions ou non, nous vivons désormais dans un environnement en pleine évolution. Au lieu de vivre, ou de survivre, dans un environnement en changement, ne serait-il pas plus intéressant de s’y impliquer pour une meilleure organisation des soins de santé?

Si les omnipraticiens pratiquant en établissement décident de ne pas s’engager dans les activités médico-administratives, nous aurons tous, tôt ou tard, à vivre collectivement avec les décisions que d’autres auront prises pour nous! En cette période de grande réorganisation, notre contribution dans la gestion locale s’avère des plus pertinentes.

Avec l’arrivée simultanée des lois 10 et 20, la conciliation du travail médical et administratif est un défi pour les médecins de première ligne qui occupent actuellement un poste de gestion. Aussi, je vous encourage à continuer. Votre participation soutenue dans l’organisation des services est essentielle pour l’amélioration des soins offerts à la population. La médecine et la gestion, c’est un duo gagnant pour tout le monde : votre établissement, vos patients, et vous-même!

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Résultats du sondage sur
l’état de l’informatisation en CLSC

Dr Jean-Marc Hébert
Administrateur & responsable provincial du DPC, AMCLSCQ
Bulletin mai 2015

Voici quelques données résultantes du sondage «Survey Monkey » sur l’informatisation effectué auprès de nos membres en février dernier et auquel 146 d’entre-vous ont répondu.

  • 96.6 % ont accès à un ordinateur dans leur bureau de consultation.
  • 64,6 % n’ont pas encore accès à un DCI (dossier clinique informatisé : l’équivalent numérique du dossier de l’hôpital).
  1.     Seulement 22,4 % écrivent leur note dans le DCI lorsque disponible.
  2.      Pour ceux qui ont accès au DCI : 32,7 % vivent des conflits avec l’administration.
  • Seulement 23,4 % des répondants utilisent un DMÉ (Dossier médical électronique).
  • 26.8 % des répondants indiquent que leur milieu est en démarches pour acquérir un DMÉ. 30 % des utilisateurs disent avoir des conflits avec leur administration.
  • 8,9 % des répondants ne savent pas ce qu’est le PQADMÉ. (programme québécois d’adhésion au Dossier médical électronique).
  • Enfin, 77 % des 126 répondants ont accès au DSQ et 77.9 % de 95 répondants l’utilisent.
  • 35.8 % ont réclamé le forfait de formation et de familiarisation.
  • 40 % des répondants ne savent pas que cela existe.

Il se peut que Il se peut que ces chiffres soient biaisés, ne seraient-ce que parce que les nonrépondants sont peu informatisés!

À la lumière de ce sondage, nous sommes en mesure de constater que nos médecins en CLSC semblent très en retard par rapport à ceux qui exercent en cabinet. Bien qu’il a été dit que les médecins en CLSC devaient bénéficier de ces technologies afin d’améliorer leur efficience au travail, force est de constater que les résultats ne suivent pas. Nous savons qu’il incombe au CISSS de faire le déploiement de ces technologies, mais les budgets ne sont pas au rendez-vous. Les médecins en cabinet bénéficient d’une subvention individuelle pour le faire.

L’AMCLSCQ prépare actuellement ses recommandations et fera les démarches nécessaires pour favoriser l’accès à ces technologies pour les médecins de CLSC, plus particulièrement au DMÉ qui est davantage adapté à nos  besoins.

Vous utilisez le DSQ dans votre établissement 
Vous le ferez sous peu ? Lisez ce qui suit !

Parmi les technologies informatiques en déploiement dans vos établissements, le DSQ semble avoir la côte selon notre sondage. Près de 77 % de nos membres qui ont répondu au sondage disent avoir accès au DSQ… De ce nombre, seulement 35.8 % ont réclamé le forfait de formation et familiarisation et 40 % ne savent même pas que cela existe.

Actuellement, il s’agit du seul forfait qu’un médecin exerçant en CLSC ou UMF en établissement (hors GMF) peut réclamer.

L’amendement 131 daté du 29 août 2013 permet au médecin dans un CLSC et UMF en CSSS de réclamer le forfait de formation et de familiarisation au DSQ (1350 $ ou 450 $ pendant trois mois).

Accédez au site et remplissez le formulaire. Faites signer le responsable dans votre milieu et transmettez-le à la Sogique. Vous recevrez 1350 $. C’est un montant compensatoire pour le temps d’apprentissage, de familiarisation et aussi un motivateur pour l’utilisation de cet outil. En attendant le DMÉ!

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Portrait de la pratique médicale de nos membres
Quelques données intéressantes, sondage 2014


Catherine Risi, vice-présidente, AMCLSCQ
bulletin, décembre 2014

En juin dernier, l’AMCLSCQ a effectué un sondage pour documenter certains aspects de la pratique de ses membres. 

Quelques données.

Près de 166 médecins ont pris le temps de répondre au questionnaire ce qui représente un taux de participation de 20 %. Les répondants provenaient de toutes les régions du Québec. Près du tiers avaient moins de 20 ans de pratique.

À la question quel est votre principal lieu de pratique, 76 % ont répondu le CLSC (voir graphique 1). À noter que la santé publique est le principal lieu de pratique de 13 % des répondants et que la majorité des médecins qui oeuvrent en santé publique sont dans les domaines de maladies infectieuses et promotion/prévention.

Plus de 60 % des répondants ont identifié au moins un autre lieu de pratique que leur lieu principal dont, en ordre décroissant, le CLSC, le CH, le CLSC, le GMF, CHSLD et le cabinet privé.

De plus, près de 69 % des répondants confirment travailler en heures défavorables et 64 % font de la garde en disponibilité. Les tâches administratives et d’enseignement semblent également être assez présentes dans le travail effectué par nos membres (voir graphique 2).

Zoom sur la pratique en CLSC.

La très grande majorité des répondants qui ont dit travailler en CLSC font des services courants (70 %) ou des soins à domicile (54 %). Près du tiers disent faire du sans rendez-vous (34 %) et un peu moins travaillent en soins palliatifs (30 %) ou dans les programmes jeunesse (29 %). Enfin, un médecin sur cinq oeuvre en santé mentale. 

Une pratique polyvalente pour les médecins membres de l’AMCLSCQ.

Ces données confirment que les médecins de notre Association ont une pratique polyvalente. Beaucoup de nos membres travaillent dans plusieurs milieux. Ils sont aussi impliqués dans des tâches administratives et d’enseignement. En CLSC, la plupart font du suivi de patients tout en ayant une pratique dans les différents programmes offerts. De fait, la pratique médicale des membres de l’AMCLSCQ semble quelque peu différente de la pratique en cabinet, mais cette différence contribue à offrir des services médicaux en première ligne qui répondent aux besoins de santé de la population québécoise.

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2. Chronique : Petit coffre d'outils



Une démarche qui passe par les émotions

Wilfrid Boisvert. collaborateur au bulletin, bulletin, décembre 2016

Au cours des prochains bulletins, je vous proposerai de courts articles qui sont une réflexion sur une démarche que nous pouvons adopter afin d'aider nos patients à cheminer face à certains problèmes qu'ils rencontrent. Ce sont des outils que mes collègues en santé mentale m'ont partagés, du moins ce que j'en ai retenu et trouvé utile en médecine familiale.

Au début de ma pratique, je voulais aider mes patients à cheminer face à leurs problèmes psychosociaux. J'aimais les amener à faire un lien entre leurs symptômes et les situations stressantes auxquelles ils étaient soumis.

Cependant, souvent par la suite je n'arrivais pas à les faire avancer plus loin. Il m'est même arrivé de ressentir une certaine frustration à entendre des gens me parler de leurs mêmes difficultés encore et encore d'une rencontre à l'autre, sans réellement progresser vers des solutions. Grâce à mon équipe de santé mentale, j'ai découvert l'importante étape de connecter le patient à ses émotions. Sinon la thérapie risque de prendre des allures de placotage cérébral et stérile qui ne conduit à aucun progrès.

En effet, plusieurs patients restent dans une narration des évènements désagréables, une verbalisation qui les soulagent temporairement, mais qui ne conduit pas à améliorer leur situation. Par exemple, ils vont blâmer les autres, ils vont raconter les erreurs de leur patron et les maladresses de leur conjoint, ce qui selon eux suffit à expliquer leur mal-être. On doit leur offrir l’occasion d'explorer et d’exprimer leurs sentiments. « Hum! Ça n’a pas dû être facile. Comment vous êtes-vous senti à ce momentlà ? » « Avez-vous ressenti des émotions désagréables envers ceux qui vous ont joué ce mauvais tour ? » « Bien des gens dans cette situation auraient ressenti de la colère. »

Vous pouvez profiter d’une allusion discrète à leur émotion : « Vous me dites que votre gendre est énervant pour tout le monde : éveille-t-il chez vous aussi des sentiments difficiles ? »

Le reflet est très utile : « Quand vous m’en parlez, vous me semblez peiné et déçu. » Plusieurs patients nomment toute émotion avec le même qualificatif, par exemple pour certains patients, tout ce qui leur arrive est une source d'angoisse. Des situations frustrantes qui provoqueraient normalement de la colère chez les autres leur font vivre des symptômes typiques de l'anxiété.

Certains patients expriment énormément d’émotions entremêlées et pleurent beaucoup lors de l’entrevue. D'autres n'auront aucun mot pour décrire ce qu'ils ont ressenti, comme ce commerçant qui m'avait consulté en me disant qu'il ne se sentait pas bien. De quelle façon il ne se sentait pas bien ? Il ne se sentait pas bien en dedans. Un exemple d'une fois où il ne se sentait pas bien ? L'autre jour en marchant dans la rue, il s'était senti pas bien. On peut les aider à identifier leurs émotions en leur définissant les principales émotions, et en leur demandant à laquelle de ces émotions ils s'identifient dans la situation en cause :

La tristesse est une déception du fait que ce qui arrive, est arrivé ou arrivera est mauvais pour moi ou pour les miens ;

L’anxiété est en lien avec un danger qui me menace ou qui menace les miens, et que je crains de ne pas pouvoir éviter ;

La culpabilité est reliée à mon jugement envers moi-même d’avoir été fautif;  

La honte est reliée à un sentiment que les autres me trouvent incorrect ou fautif;

L’hostilité est le sentiment que l'autre est fautif et je lui en veux pour cela;  

L’autodévaluation est reliée à mon jugement d’avoir peu de valeur ;

La colère est reliée à mon insatisfaction et ma non-acceptation face à une situation.

Souvent, j'utilise les mots du patient quand je donne les définitions : une déprime avec la définition de la tristesse, l'angoisse pour l'anxié- té, l'agressivité au lieu de l'hostilité...

On permet au patient d’avoir eu tel sentiment et de l’exprimer. « Vous avez vécu pendant des années avec ce lourd secret. Vous n’avez jamais été à l’aise d’en parler à vos proches. Je suis content que vous puissiez aujourd’hui m’en parler, j’apprécie cette marque de confiance et je suis touché par ce que vous avez vécu. »

Le médecin, gardant une attitude de non jugement, n’a pas à approuver les gestes inappropriés. Si le comportement était inadéquat, cela ne met pas en cause la valeur globale de la personne. Par exemple, le sentiment de honte d’avoir fraudé son employeur protège le patient contre les récidives et les torts causés aux autres et à lui-même, il repose sur son sens des valeurs et favorise son bon fonctionnement en société.

D'ailleurs, il est utile souvent d'expliquer au patient la différence entre les émotions fonctionnelles _ qui sont utiles et nous aident _ et celles qui sont non fonctionnelles _ qui nous nuisent. La peur d'échouer à un examen peut être fonctionnelle et nous motiver à réserver du temps pour nous y préparer adéquatement.

Ou elle peut être non fonctionnelle, nous empêcher de nous concentrer et de réfléchir correctement, nous causer des symptômes tels que la diarrhée ou des attaques de panique.

Il faut souvent aussi faire la différence entre l'émotion et la réaction. Par exemple, des gens diront qu'ils ne sont pas en colère, car ils ne font pas de crises. Or, ils peuvent ressentir l'émotion nommée colère, c'est-à-dire qu'ils peuvent se sentir frustrés ou lésés, être insatisfaits et mal accepter les conséquences de ce qui arrive, sans pour autant le manifester par des cris ou en brisant des objets. On leur explique que cette émotion peut être constructive si elle les amène à exprimer correctement leur désaccord à la bonne personne, d'une façon adéquate, avec le but de corriger la situation.

Empressé d’aider, pressé par le temps, le médecin intervient souvent rapidement pour atténuer l'inconfort de son patient, le consoler, le conseiller. Il est préférable dans un premier temps de ne pas agir, rester tranquille, écouter, accompagner la personne dans son émotion, compatir avec sa peine ou sa souffrance.

C’est peut-être la première fois qu’elle se raconte ainsi, et être écoutée et accueillie sans jugement et sans blâme peut être en soi thérapeutique. On peut refléter l'ambivalence, souligner et accepter les contradictions : « Vous l'aimez beaucoup, pourtant à ce moment-là il vous a déçue et choquée ».

Identifier l'émotion est une étape importante, mais il y a aussi de clarifier le contexte, intérioriser le problème, trouver quelle est la difficulté, puis rechercher des pistes de solution ou d’amélioration.

Nous verrons au cours des prochains articles d'autres aspects de ce cheminement que l'on peut faire avec nos patients, tout en restant dans la notion d'intervention clinique de soutien. Des outils pour cette belle profession de médecin de famille !

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3. Chronique : La santé publique et vous ! 

Des outils à jour pour soutenir vos interventions en lien avec les ITSS

Évelyne Fleury, collaboratrice au bulletin

Les infections transmissibles sexuellement et par le sang sont toujours en progression au Québec. Puisqu’elles sont fréquemment asymptomaiques, le dépistage constitue un élément important pour briser la chaine de transmission de ces infections. La reconnaissance des signes suggestifs chez les personnes symptomatiques permet également une détection précoce qui contribue à limiter la transmission.

Le ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS) a publié une mise à jour 2016 des outils Intervention préventive relative aux ITSS et du Guide québécois de dépistage des ITSS.  

Cette mise à jour est basée sur les données scientifiques les plus récentes et adaptée au contexte québécois (épidémiologie, organisation de services, etc.). Le Collège des médecins du Québec, des comités d’experts de l’Institut natio‐ nal de santé publique du Québec et des professionnels de la santé ont contribué à cette mise à jour.

Les outils Intervention préventive relative aux ITSS  résument l’information nécessaire pour réaliser les différentes étapes de l’intervention. Le tableau  ‐ Liste des outils Intervention préventive relative aux ITSS présente à quel moment de votre intervention vous pouvez les utiliser et comment ils peuvent soutenir votre intervention.

Le Guide québécois de dépistage des ITSS présente les fondements scientifiques et des balises pour adapter l’intervention. En précisant les rôles et responsabilités des médecins, des infirmières et des sages‐femmes, le guide favorise une contribution de tous les professionnels con‐ cernés, dans le contexte de l’interdisciplinarité.

Un tableau des changements précise les modifications qui impliqueront un changement des pratiques. Les principaux changements sont les suivants :

• ajout du rôle de la sage‐femme et du rôle de l’infirmière autorisée à prescrire,

• précisions sur le rôle de l’infirmière prati‐ cienne spécialisée,

• ajout du tableau 1 présentant les profession‐ nels autorisés à prescrire le traitement dans le contexte du dépistage des ITSS,

• mise à jour des analyses recommandées pour le dépistage de l’infection à Chlamydia trachomatis et de l’infection gonococcique,

• ajout des analyses recommandées pour le dépistage de l’hépatite C chez les personnes vivant avec le VIH, les personnes immuno‐ supprimées et les personnes exposées à une personne infectée par l’hépatite C,

• ajout d’une fiche clinique sur la lymphogranu‐ lomatose vénérienne,

• ajout de deux annexes : Causes d’immunosuppression et Guide d’utilisation de la brochure Entre caresses et baisers, une ITSS s’est faufilée… Il faut en parler et des cartes de notification sur la chlamydia ou la gonorrhée, sur la syphilis et sur le VIH.

Le Guide québécois de dépistage des ITSS et les outils Intervention préventive relative aux ITSS font l’objet de mises à jour périodiques. Consultez régulièrement le site Internet du MSSS www.msss.gouv.qc.ca/itss pour avoir les versions les plus récentes : section « Documentation », rubrique « Professionnels de la santé », onglets « Guides » et « Outils ».

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