Santé publique



1. Du nouveau en santé publique

1. La santé publique et le projet de loi 130

2. Les urgences de santé publique ;
    L'offre de service en dehors des heures ouvrables

3. Ententes sur les heures défavorables... et la santé publique


2. Chronique : La santé publique et votre
    bulletin de l'AMCLSCQ

Publications récentes : 

1. Le virus Zica, une urgence de santé publique !

2. Maladie à virus ébola

3. Quoi de neuf en ITSS ?

3. Le tabagisme en 2014, pourquoi en parler encore?

Revue des précédents articles :  2011 - 2013

  • Les PCP, c'est quoi cette bibitte là ?
  • La vaccination de A à Z 
  •  L'accessibilité à la contraception...
  • Les infections tranmissibles sexuellement et par le sang 
  • La médecine des voyages, un périble où le monde entier vient à vous !
  • La prévention des infections au bureau età domicile
  • Les zoonoses : diganostics différentiels des maladies émergentes
  • Les maladies à déclaration obligatoire (MADO)
  • Maladie de Lyme - Scénario I
  • Maladie de Lyme - Scénario II
  •  Du nouveau dans le dépistage du cancer du col utérin

3. Documents à consulter : 



Dr Stéphane Roy, AMCLSCQ
ASSS/DSP Montérégie, décembre 2010

1. Du nouveau en santé publique



La santé publique et le projet de loi 130

Propos vol.42, no.17

Quelques-uns de nos membres oeuvrant en Santé Publique, nous ont sollicités pour une mise à jour de ce que prévoit le projet de loi 30 pour les dé- partements de santé publique.

Me Pierre Belzile des services juridiques de la FMOQ en a résumé les grandes lignes.

Soulignons que le projet de loi 130 est toujours à l'étude à l'Assemblée nationale.

Merci à Me Belzile de nous autoriser à diffuser son texte dans notre Propos du temps présent.

Reproduction du courriel de Me Belzile

« Bonjour docteur,

Voici ce que dit le projet de loi n° 130 spécifiquement au sujet de la santé publique. Je rappelle que ce projet de loi a été présenté en décembre 2016 à l’Assemblée nationale.

Depuis sa présentation, c’est la Commission de la santé et des services sociaux qui est chargée de l’étudier. La FMOQ a d’ailleurs été entendue par les parlementaires de cette commission en février 2017. Les parlementaires n’ont pas complété leurs travaux à ce jour. Ils ont cependant adopté depuis divers amendements.

Ce courriel tient donc compte des amendements adoptés. Dans les phrases qui suivent, les numéros d’articles entre parenthèses sont ceux du projet de loi.

  • Le projet de loi mentionne que le ministre de la Santé déterminera les établissements publics qui devront prévoir un département clinique de santé publique dans leur plan d’organisation (art. 19). 
  • Lorsqu’un département de santé publique est formé dans un centre hospitalier, le chef de dé- partement de santé publique exerce les responsabilités que prévoit la Loi sur les services de santé et les services sociaux, la LSSSS, aux articles 189 – 192, comme tout autre chef de département (art. 24).
  • Lorsqu’un directeur de la santé publique exerce ses fonctions dans un centre hospitalier, ce directeur exerce les responsabilités attribuées à un directeur des services professionnels (coordonner l’activité professionnelle et scientifique; surveiller les activités du chef de département, obtenir des avis, appliquer des sanctions, etc.). Les règles de soins médicaux et dentaires et les règles d’utilisation des médicaments doivent préalablement être approuvées par le directeur de la santé publique (art. 25). 
  • En vertu de la LSSSS, le ministre nomme le directeur de la santé publique. Le projet de loi précise que ce dernier n’est plus automatiquement le chef de département de santé publique (art. 32). 
  • Le directeur de la santé publique doit être un médecin ayant une formation en santé communautaire ou, exceptionnellement, être un médecin ayant une expérience de cinq ans de pratique en santé communautaire art. 32).
  • Le directeur de santé publique peut confier tout mandat au chef de département de santé publique.

Les travaux de la commission de la santé et des services sociaux chargée d’étudier ce projet de loi devraient reprendre sous peu. J’ignore quand ils se termineront. Une fois les travaux terminés, il restera à diriger le projet de loi auprès de l’Assemblée nationale pour adoption. Nous surveillerons le processus législatif de près.

Très cordialement,

Pierre Belzile »

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Les urgences de santé publique; 
L’offre de service en dehors des heures ouvrables

Propos vol.8, no.14

Le service de garde en santé publique vise les situations où une intervention urgente est requise pour les situations cliniques impliquant une maladie infectieuse ou un problème environnemental. Les médecins du service de garde sont disponibles par exemple pour :

  • Recevoir une déclaration d’une maladie à déclaration obligatoire (MADO) pour laquelle une chimioprophylaxie rapide est indiquée pour des contacts dans la communauté (Ex. : Streptocoque A, méningocoque, hépatite A, rougeole); 
  • Recevoir un signalement d’une présentation clinique inhabituelle ou d’un événement pour lequel un risque à la santé publique (infectieux ou chimique) est suspecté (Ex. : Intoxication alimentaire rapportée chez un groupe de personnes, suspicion d’une exposition à un agent chimique);
  • Soutenir le clinicien dans la prise de décision concernant une prophylaxie post exposition (PPE) ou pour l’identification de mesures pour prévenir la transmission d’une infection dans la communauté.

Les appels nécessitent rarement des déplacements pour effectuer les actes de santé publique, mais peuvent engendrer beaucoup de temps de travail à domicile ou au bureau selon la situation.

Le service de garde en santé publique s’adresse à tous les professionnels de la santé et est disponible 24 heures sur 24, 7 jours semaine. Tous les appels en provenance de la population doivent être référés au service Info Santé 811.

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Ententes sur les heures défavorables…
et la santé publique

Propos vol.8, no 14
Le médecin qui assure la garde dans les secteurs d’activité en maladies infectieuses (155XXX) et en santé environnementale (165XXX) lors de services dispensés sur place lorsqu’il est appelé à se déplacer peut bénéficier des majorations incluses dans le tableau des heures défavorables en santé publique.

Lors de la dernière réunion du Comité de santé publique de la FMOQ en octobre dernier, il a été convenu que la FMOQ fera les démarches nécessaires auprès des représentants du ministère de la Santé et des Services sociaux afin de faire reconnaître dans l’entente sur les heures défavorables tous les services dispensés dans le cadre du service de garde de santé publique en maladies infectieuses et en santé environnementale et ce sans qu’un déplacement ne soit nécessaire, ainsi, que tous les services dispensés, peu importe le secteur d’activité, lorsqu’un mandat donné par le directeur de santé publique est jugé urgent ou nécessitant de travailler en heures défavorables.

Les dés sont lancés… quelle sera maintenant la réponse du MSSS?



2. Chronique : La santé publique et vous
    Bulletin de l'AMCLSCQ



Le virus Zica, une urgence de santé publique ! 

Dre Louise Lambert, M.D. M.Sc., collaboratrice bulletin, AMCLSCQ
Bulletin, vol. 41, no. 1

L’épidémie liée au  virus Zika a été un  sujet « chaud » cet  hiver! Plusieurs femmes  enceintes se sont questionnées,  avec raison, sur le  risque des destinations  soleil et vous ont peut-être  demandé votre avis. Vous  sentez-vous bien informé? 

Cette épidémie a débuté en 2014 au Brésil. Un  nombre grandissant de pays rapporte une  transmission locale. Des cas importés sont identifiés  dans tous les continents. L’Agence de  santé publique du Canada dénombre les cas  canadiens de virus Zika liés à des voyages. En  date du 29 mars, 33 cas avaient été signalés. Au  Canada comme au Québec, les espèces de  moustiques identifiées comme vecteurs ne sont  pas présentes, il n’y a donc pas de risque de  transmission locale. 

Les autorités de santé publique ont le mandat  d’identifier, de surveiller et de contrôler les  menaces à la santé de la population. L’infection  par le ZIKV, un flavivirus, est une menace  émergente mondiale. Le Directeur général de  l’OMS a déclaré le 1er février 2016 qu’il s’agissait  d’une urgence de santé publique de portée  internationale, étant donné le risque accru  d’atteintes neurologiques graves, entre autres,  de microcéphalie et de Guillain-Barré et les  particularités des modes de transmission :  par des moustiques très répandus mondialement  (Aedes aegypti), par une transmission  materno-foetale et, plus rarement, par une  transmission par le sperme et par le sang. 

Les autorités de santé publique soutiennent  les cliniciens et les professionnels de la santé  en relayant les informations pertinentes,  particulièrement sur les conseils préventifs, la vigilance clinique, l’investigation de laboratoire,  la biovigilance et les ressources relatives au  suivi des femmes enceintes. 

L’encéphalite à virus Zika est une MADO dans la  catégorie encéphalite à arbovirus. Les autres  infections causées par le virus Zika ne sont pas  à déclaration obligatoire, mais afin d’étudier l’ampleur, l’expansion et les impacts de cette  épidémie nouvelle et inquiétante, tous les  résultats positifs confirmés par le laboratoire pour le virus Zika sont signalés au directeur de  santé publique (DSP). Une enquête épidémiologique  est effectuée dans tous les cas. 

Aspects cliniques 

La période d’incubation est de 5 à 12 jours.  L’infection est asymptomatique dans 75 % à  80 % des cas. La majorité des cas cliniques ont  une atteinte bénigne dont la durée habituelle  est de 2 à 7 jours. Les symptômes les plus  fréquents sont une éruption maculo-papulaire  (90 %), une fièvre légère ou modérée (60 %),  des myalgies, des arthralgies, des douleurs  oculaires ou une conjonctivite non purulente.  Ces manifestations cliniques bénignes sont  similaires et généralement moins graves que  celles de la dengue (flavivirus), du Chikungunya  (alphavirus) et même de l’infection par le  VNO (flavivirus). La malaria, la rougeole, la  rubéole et d’autres infections font aussi partie  du diagnostic différentiel. 

On connaît peu ce virus. Son neurotropisme est  toutefois plus affirmé. Un cas de myélite aiguë  et un cas de méningo-encéphalite ont été  décrits. Une augmentation des cas de Guillain-Barré associés à l’infection à ZIKv est observée  dans plusieurs pays. Les résultats préliminaires  d’études orientent vers des complications  neurologiques et un risque accru d’issues négatives  de la grossesse : mort in utero, insuffisance  placentaire, anomalie de la croissance  foetale, séquelles du SNC dont la microcéphalie  et l’encéphalite. Parmi les cas étudiés,  l’infection semble être transmissible dans tous  les trimestres de la grossesse. On présume que ce risque est le plus élevé durant le premier  trimestre de la grossesse et au début du second, mais cela reste à confirmer. 

Il n’y a pas de vaccin disponible ni de traitement spécifique actuellement. Des traitements de  support sont requis selon l’état clinique.  On peut présumer que l’immunité reliée à la  présence d’anticorps neutralisants après  l’infection est de longue durée, en extrapolant à  partir d’autres arboviroses. 

Mesures préventives 

Moustiques 

Prévenir les piqûres de moustiques dans les  pays/régions où la transmission autochtone  est présente, en suivant les recommandations  canadiennes concernant les insectifuges  (DEET, icaridine). 

Dons biologiques 

Il est généralement recommandé d’attendre  une période de 30 jours avant de faire un don  de sang, de sperme, d’organes ou de tissus  après un voyage dans un pays touché ou  susceptible de l’être. Certains organismes ont  émis des recommandations plus précises et  indiquent des périodes plus courtes, sujettes à  changement. 

Prise en charge et suivi  des femmes enceintes
ou désirant  le devenir et leur partenaire sexuel 

Les experts canadiens et québécois recommandent  aux femmes enceintes et à celles qui  prévoient le devenir d’éviter tout voyage qui  n’est pas nécessaire dans un pays où la transmission  du virus est active et dans les pays des  régions tropicales et subtropicales où le virus  a le potentiel de circuler. Un counseling prévoyage  individuel est recommandé. Si le voyage  ne peut être retardé :

  1. appliquer strictement  durant tout le séjour des mesures préventives  des piqûres de moustiques,
  2. éviter de devenir  enceinte durant le séjour par le port du condom  lors des relations sexuelles et
  3. éviter de  devenir enceinte durant les 3 mois suivants le  retour. 

Si le partenaire masculin a voyagé dans une  zone considérée actuellement comme ayant  des conditions propices à une transmission  élevée et soutenue du virus Zika, il est  raisonnable qu’il utilise le condom durant une  période d’environ six mois avant d’essayer de  devenir enceinte. 

Pour le partenaire sexuel d’une femme enceinte, il est conseillé d’utiliser le condom durant toute la durée de la grossesse, par  mesure de précaution. 

Les femmes enceintes doivent être dirigées vers  leur médecin obstétricien ou traitant afin d’évaluer leur risque d’avoir été infectées. Les  experts de l’hôpital Sainte-Justine ont émis des  recommandations précises sur l’évaluation et la  prise en charge des femmes enceintes exposées  ou infectées. Les Recommandations pour les  professionnels de la santé : prévention et  dépistage de l’infection par le virus Zika chez la  femme enceinte ou désirant le devenir et son  partenaire sont disponibles en ligne sur le site du MSSS

Diagnostic de laboratoire 

Le LSPQ a mis à jour ses directives pour le  diagnostic de laboratoire de l’infection par le  ZIKv (2016-05-17) 

Indications de tester 

  • Voyageur (se) asymptomatique ou redevenu (e) asymptomatique : le test n’est  généralement pas justifié. 
  • Voyageur (se) symptomatique : le test peut  être indiqué afin d’établir un diagnostic plus  précis. La dengue et le chikungunya circulant  dans les mêmes régions, un diagnostic  sérologique des 3 virus peut être envisagé. 
  • Femme enceinte : recommandation de  consulter son médecin obstétricien. Des  recommandations d’investigation et de prise  en charge particulières s’appliquent (voir  section précédente). 

Informations à transmettre au laboratoire, obligatoire pour son admissibilité! 

Dates du voyage (arrivée-départ), lieux visités,  date du début des symptômes et manifestations  cliniques.  Épreuves disponibles : RT-PCR Sur le sérum : jusqu’à 7 jours après le début des symptômes; sur l’urine : jusqu’à  10 jours après le début des symptômes. Le PCR  peut aussi être effectué sur le liquide céphalorachidien  (LCR), le liquide amniotique et le tissu  placentaire, après entente avec le LSPQ.  Sérologie 1er prélèvement : pas avant 7 jours  après le début des symptômes; 2e prélèvement : 1 à 2 semaines après le 1er prélèvement. Un test EIA de dépistage des IgM positif doit être  confirmé par une épreuve PRNT car les personnes déjà infectées par des flavivirus (dengue,  VNO) ou qui sont vaccinées contre de tels virus  (fièvre jaune, encéphalite japonaise) pourraient  présenter une réactivité croisée. Ces épreuves  nécessitent plusieurs semaines et peuvent être  difficiles à interpréter. 

Liens utiles : 

Conseils reliés aux voyages et à la prévention  des piqûres de moustiques 

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Maladie à virus Ébola

Dr Éric Levac, collaborateur bulletin, AMCLSCQ
Chronique : La santé publique et vous, décembre 2014

Le virus

Le virus Ébola a été détecté pour la première fois en Afrique en 1976. Il y avait deux foyers épidémiques, dont un qui se trouvait dans un village situé à côté d’une rivière qui porte le nom d’Ébola. Il fait partie des filovirus (du latin filum, qui veut dire fil), et se divise en cinq sous-types. Il s’agit d’une maladie principalement zoonotique. La période d’incubation peut aller de 2 à 21 jours, mais est habituellement entre 4 et 10 jours. La maladie se transmet par contact direct avec les liquides biologiques d’une personne infectée (vivante ou décédée). Elle se transmet aussi par contact indirect par les objets contaminés par les liquides biologiques d’une personne infectée. La contagiosité commence avec le début des symptômes, et va en augmentant ensuite. Autrement dit, les personnes asymptomatiques ne sont pas contagieuses. Ces virus sont sensibles aux désinfectants courants. 

Au début, les symptômes sont peu spécifiques et ressemblent à un syndrome viral : fièvre, myalgies, céphalées, fatigue, etc.  D’autres symptômes apparaissent environ 5 jours après les premiers symptômes : éruption cutanée, symptômes digestifs, etc.  Les manifestations hémorragiques sont tardives et surviennent chez le tiers des patients. Le traitement consiste en des mesures de support.  La mortalité est assez élevée, au-delà de 50 % en Afrique. Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), les traitements symptomatiques améliorent les taux de survie.

La situation internationale actuelle

Il est possible d’obtenir des états de situation sur le site de l’OMS (voir adresse plus bas). Ces rapports sont mis à jour périodiquement. L’essentiel de ces rapports est de comprendre que les pays y sont regroupés en quatre catégories distinctes. 

Premièrement, il y a les pays où il y a transmission étendue et intense de la maladie. Actuellement, il s’agit de trois pays de l’ouest de l’Afrique (Guinée, Libéria et Sierra Leone). 

Deuxièmement, il y a un pays où sévit une flambée distincte, d’ampleur moindre, sans rapport avec celle en Afrique de l’Ouest : la République Démocratique du Congo. 

Troisièmement, il y a les pays où surviennent quelques cas sporadiques, mais sans transmission soutenue de la maladie. 

Finalement, il y a les pays où il y a eu des éclosions qui sont terminées. Pour déclarer la fin d’une flambée épidémique, il faut qu’il s’écoule 42 jours sans l’apparition de nouveaux cas. Ceci correspond à deux fois la période d’incubation maximale.

Éclosions historiques

Depuis sa découverte en 1976, des flambées surviennent périodiquement. Typiquement, les foyers commencent dans des régions rurales, où l’accès aux services médicaux est à peu près inexistant. Certains facteurs sociaux favorisent également la transmission. Par exemple, dans certaines cultures, il est important de toucher à la personne décédée durant les rites funéraires (rappelons que la maladie se transmet par contact, et que la contagiosité augmente au fur et à mesure que la maladie progresse). Finalement, la maladie se transmet plus facilement lorsqu’il y a une pénurie, voire l’absence, de soins médicaux de base. La situation est empirée lorsqu’il y a des désordres sociaux, par exemple une guerre civile.

À l’inverse, il n’y a pas de flambées épidémiques dans les endroits où il y a des services médicaux modernes.

Ce qui se fait actuellement

Les services frontaliers effectuent une surveillance des personnes en provenance des pays où il y a des éclosions. Tout d’abord, ils vérifient si les personnes proviennent d’un des pays visés. Il est important de réaliser que ce n’est pas le continent africain au complet qui est visé, seulement quelques pays.

Si c’est le cas, ils vérifient la présence de symptômes. Les personnes symptomatiques sont dirigées pour être évaluées (centres hospitaliers). Des consignes sont données aux personnes asymptomatiques de consulter si des symptômes apparaissent dans les 21 jours suivants leur départ. En cas d’apparition de symptômes, il leur est recommandé de ne pas consulter dans des cliniques, mais plutôt dans des salles d’urgence.

Parallèlement, différents acteurs préparent des protocoles pour gérer les situations dans différents milieux. Par exemple, le Comité sur les infections nosocomiales du Québec (CINQ) et le Laboratoire de santé publique du Québec (LSPQ) ont émis des recommandations pour la prise en charge d’un cas suspect en centre hospitalier. Le MSSS a également émis des recommandations pour les milieux ambulatoires. Ces documents sont disponibles sur le site web du MSSS (voir adresse plus bas).

Quel est le risque réel d’avoir un cas ici au Québec?

Le réservoir de la maladie (les animaux) n’est pas présent au Québec. La maladie ne peut donc survenir que chez des personnes ayant voyagé dans des endroits où il y a des cas. Or les pays où il y a beaucoup de cas ne sont pas des destinations fréquentes pour les voyageurs. De plus, l’Agence de santé publique du Canada (ASPC) recommande d’éviter les visites non essentielles dans ces pays. Selon les autorités de santé publique (ASPC et MSSS), le risque d’importation du virus Ébola est jugé faible, mais ne peut être totalement exclu.

De plus, même si un cas était importé, le contexte du Québec ne se prête pas à une transmission soutenue dans notre communauté, compte tenu de la prise en charge des cas.


Quoi de neuf en ITSS ?

Dre Claude Laberge, collaboratrice bulletin, AMCLSCQ
Chronique : La santé publique et vous, août 2014

Depuis quelques années, cette chronique vous a permis de vous familiariser avec les pratiques cliniques préventives. En 2014, les infections transmissibles sexuellement et par le sang (ITSS) sont toujours en progression au Québec. 

En matière de lutte contre les ITSS, l’intégration des pratiques cliniques préventives fait aussi partie de la solution : il s’agit d’offrir ou de promouvoir le dépistage, la vaccination, le counseling et la chimioprophylaxie aux personnes à risque, aux personnes atteintes d’une ITSS et à leurs partenaires. Pour agir efficacement, les cliniciens doivent avoir accès, facilement, rapidement, aux recommandations appropriées au contexte québécois (identification des clientèles à risque, indications de dépistage, choix des analyses de laboratoire appropriées, choix du traitement efficace, etc.).

Pourquoi parler encore des ITSS?

Elles sont là depuis l’antiquité et, malgré bien des efforts, elles semblent plus vigoureuses que jamais. Bien sûr, on connaît des succès : les traitements offerts aux personnes infectées par le VIH sont plus faciles à prendre, produisent moins d’effets secondaires et ont permis d’améliorer l’espérance de vie des personnes atteintes. On a maintenant des traitements qui permettent de guérir l’hépatite C. On a des vaccins contre l’hépatite B et les virus du papillome humain. On croyait pouvoir vaincre les infections à Chlamydia trachomatis, les infections gonococciques et la syphilis avec, entre autres, des traitements unidose, accessibles gratuitement.  

Pourtant, le Portrait des infections transmissibles sexuellement et par le sang (ITSS) au Québec : Année 2012 (et projections 2013) (1) attire notre attention sur les faits suivants : 

  • l’augmentation des ITSS persiste chez les jeunes de 15 à 24 ans, particulièrement chez les jeunes hommes (chez lesquels l’augmentation ne se 
  • limite pas à l’infection à Chlamydia trachomatis et à l’infection gonococcique, mais concerne aussi la syphilis infectieuse et l’infection par le VIH); 
  • le défi posé par la résistance du gonocoque aux antibiotiques utilisés pour le traitement de cette infection; 
  • l’extension de l’épidémie de syphilis infectieuse, initialement concentrée dans la région de Montréal, mais qui touche maintenant la plupart des régions du Québec; 
  • l’importance de poursuivre la vaccination contre l’hépatite B, notamment auprès des personnes à risque qui n’ont pas bénéficié du programme en milieu scolaire; 
  • la prévalence extrêmement élevée de l’hépatite C chez les utilisateurs de drogues par injection (UDI); 
  • le nombre toujours grandissant de personnes vivant avec le VIH et la persistance de la transmission du VIH au sein de diverses populations, particulièrement celle que forment les hommes ayant des relations sexuelles avec d’autres hommes (HARSAH). 

Bien que le système de santé et de services sociaux soit directement interpellé dans la lutte contre les ITSS, la solution passe aussi par l’engagement de tous les acteurs concernés de la collectivité : l’école, les centres jeunesse, les municipalités, la sécurité publique, les organismes communautaires, les établissements ayant une vocation de rencontres sexuelles et, au premier chef, les familles. C’est le défi que tente de relever la santé publique : mobiliser l’ensemble de ces partenaires 2.

Et qu’est-ce que les cliniciens de première ligne peuvent faire?

Ces infections sont fréquemment asymptomatiques, le dépistage constitue donc un élément important du continuum d’interventions visant à briser la chaine de transmission des ITSS (2). Les cliniciens de première ligne jouent un rôle important pour détecter précocement les signes suggestifs de ces infections chez les personnes symptomatiques et leur offrir un traitement efficace, mais il faut aussi saisir toutes les opportunités pour intégrer la prévention dans leurs activités cliniques.

Dans le cadre de la lutte contre les ITSS, l’efficacité de ces interventions préventives est bien démontrée dans la littérature (3). Le guide sur L’évaluation médicale périodique de l’adulte 2014 (4) nous rappelle que les interventions préventives suivantes sont démontrées efficaces :

  • évaluer annuellement les facteurs de risque chez tout adulte actif sexuellement,
  • dépister annuellement les ITSS selon les 
  • facteurs de risque décelés et plus fréquemment si les facteurs de risque sont présents de façon répétée ou continue,
  • discuter de l’adoption et du maintien de 
  • comportements sécuritaires, 
  • soutenir la personne infectée pour qu’elle avise ses partenaires.

Le défi pour les cliniciens de première ligne (médecins et infirmières), c’est plutôt d’être à jour sur les recommandations appropriées dans le contexte québécois et de les intégrer dans leurs activités quotidiennes.

 

 

 

 

 

 

 

 

Des outils « fraîchement » mis à jour ….

Le ministère de la Santé et des Services sociaux et ses partenaires (par exemple, la Fédération des médecins omnipraticiens du Québec, l’Institut national de santé publique du Québec et l’Institut national d’excellence en santé et en services sociaux) ont conçu une série d’outils pour soutenir les activités préventives des cliniciens en matière d’ITSS (voir le tableau « Liste des outils Intervention préventive relative aux d’ITSS »).

En 2014, plusieurs de ces outils ont fait l’objet d’une mise à jour basée sur les données probantes et adaptée au contexte québécois (épidémiologie, contexte légal, disponibilités des analyses de laboratoire, organisation des services…). 

Le Guide québécois de dépistage des ITSS a également fait l’objet d’une mise à jour importante et contient les données scientifiques et informations requises pour permettre une utilisation judicieuse des outils Intervention préventive relative aux ITSS et soutenir l’adaptation de l’intervention selon le jugement clinique. 

Surveillez la diffusion de ces mises à jour prévue pour la fin de l’été 2014. Elles seront disponibles au www.msss.gouv.qc.ca/itss, section Documentation, rubrique Professionnels de la santé/Outils, page Intervention préventive relative aux ITSS.  

La réalité des ITSS est changeante, le Guide québécois de dépistage des ITSS et les outils Intervention préventive relative aux ITSS feront l’objet de mises à jour périodiques. Consultez régulièrement ce site Internet pour avoir les versions les plus récentes.


Références :

1. VENNE, S., et autres. Portrait des infections transmissibles sexuellement et par le sang (ITSS) au Québec : Année 2012 (et projections 2013), Québec, Direction des communications, ministère de la Santé et des Services sociaux, 2013, 89 p. 
2. MINISTÈRE DE LA SANTÉ ET DES SERVICES SOCIAUX. Quatrième rapport national sur l’état de santé de la population du Québec : L'épidémie silencieuse – Les infections transmissibles sexuellement et par le sang, Québec, Direction des communications, MSSS, 2010, 73 p. 
3. MINISTÈRE DE LA SANTÉ ET DES SERVICES SOCIAUX. Guide d’intervention – Les infections transmissibles sexuellement à déclaration obligatoire, Québec, Direction des communications, MSSS, 2014, 339 p.
4. THIVIERGE C. et al. L’évaluation médicale périodique de l’adulte – 2014, Montréal, Direction de santé publique de l’Agence de la santé et des services sociaux de Montréal et Collège des médecins du Québec, 2014, 42 p

 


Le tabagisme en 2014, pourquoi en parler encore?

Dre Huguette Bélanger, collaboratrice bulletin, AMCLSCQ
Chronique : La santé publique et vous, avril 2014

Le tabac représente la cause de mortalité évitable la plus importante. Les interventions en cessation tabagique sont parmi les plus rentables en termes de diminution de la morbidité et de la mortalité. Malgré les progrès réalisés au cours deux dernières décennies, l’épidémie du tabac semble ne pas vouloir régresser!

Quelques données

Au Canada, selon l’enquête sur la santé dans les collectivités canadiennes (ESCC), le pourcentage de fumeurs de 12 ans et plus, entre 2008 et 2012, est respectivement de 21,4 % et 20,3 %. Parmi les provinces canadiennes, le Québec occupe la 9e place avec 23,8 % de fumeurs en 2012 par rapport à 23,3% en 2008. Par ailleurs, pour cette même période, la Colombie-Britannique a réussi à réduire les taux de fumeurs de 18,6 % à 14,5 % (i).

Au Québec, en 2012, la répartition des fumeurs varie également en fonction du sexe, soit 27,4 % chez les hommes et 20,3 % chez les femmes. Parmi eux, les jeunes de 20 à 24 ans présentent le taux le plus élevé de tabagisme à 32 % (voir graphique 1).

Ces données nous laissent croire que la lutte au tabagisme est loin d’être gagnée.

Graphique 1 : Proportion des fumeurs actuels selon l'âge, Québec, 2007-2008 / 2009-2010 / 2011-2012

 

Les effets sur la santé, quoi de neuf?

Les conséquences sur la santé sont connues depuis plusieurs décennies. Les recherches confirment de nouveaux liens de causalité entre le tabagisme ou l’exposition à la fumée de tabac dans l’environnement et d’autres maladies. En 2014, le rapport du Surgeon General aux États-Unis rapporte les conséquences du tabagisme et de la fumée secondaire sur la santé (ii). Les tableaux 1 et 2 résument ces effets, les conditions en surlignées soulignent les nouveaux liens de causalité démontrés. De bonnes informations à partager avec vos patients fumeurs!

T1 : Effets du tabagisme sur la santé avec ausalité démontrée
T2: Effets de l'exposition à la fumée secondaire du tabac sur la santé avec causalité démontrée

 

 


Le PQLT, quest-ce que c’est ???

Depuis 2002, le gouvernement du Québec a mis en place un ensemble de mesures visant à diminuer le tabagisme chez les Québécois, le Plan québécois de Lutte au Tabagisme, ou PQLT. Avec les orientations et le soutien financier du MSSS, plusieurs acteurs ont été interpelés afin de mettre en place divers moyens et de les mobiliser tant au niveau de la recherche, des formations, que des services à offrir aux professionnels et à la population.

La lutte au tabagisme vise trois objectifs afin de réussir à diminuer la dépendance à cette
substance :

  • Prévenir l’initiation au tabagisme.
  • Encourager et soutenir l’abandon du tabac.
  • Assurer la protection des non-fumeurs contre l’exposition à la fumée de tabac dans l’environnement.

Des stratégies variées et complémentaires ont été déployées afin de contrer tous les aspects du problème, et ce, dans une approche globale et intégrée, visant à la fois l’individu et l’environnement.

Trois axes d’interventions ont été mis de l’avant par le PQLT :

  1. Les politiques et la législation (limites dans la promotion et la vente des produits du tabac, taxation des produits, restrictions de l’usage, etc.)
  2. l’information, la sensibilisation, l’éducation et le soutien (diffusion d’informations et de messages par communication de masse, promotion de l’abandon comme la campagne J’arrête, services d’information telle la ligne j’arrête, services de soutien tels que ceux offerts dans les centres d’abandon du tabagisme, le financement des aides pharmacologiques de sevrage, etc.).  
  3. la mobilisation, pour contrer le marketing des producteurs de tabac, par la participation du plus grand nombre d’acteurs possibles, instances et personnes de tous les milieux, afin de réduire de façon constante et soutenue le tabagisme.

Cette lutte est aussi appuyée par des actions du gouvernement fédéral, dont les campagnes de communication, la taxation des produits du tabac et les avertissements sanitaires sur les emballages des produits du tabac.

Au Québec, un programme spécifique a été mis en place pour soutenir l’abandon du tabagisme, le PQAT.

« Depuis les dix dernières années, plusieurs partenaires ont mis en place, avec le soutien financier du MSSS, la ligne téléphonique j’Arrête, le site Internet j’Arrête et plus de 150 centres d’abandon du tabagisme (CAT). De plus, de nombreuses activités de formation et de sensibilisation ont été déployées par cinq ordres professionnels bénéficiant du soutien scientifique de l’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ) afin d’optimiser les pratiques de counseling des pharmaciens, dentistes, hygiénistes dentaires, infirmières et inhalothérapeutes (Tremblay et Poirier 2012b). Des travaux menés par le MSSS, en collaboration avec la Fédération des médecins omnipraticiens du Québec, ont mené à l’instauration d’un acte de counseling préventif sur le renoncement au tabac par les médecins omnipraticiens. Cet acte est en vigueur depuis janvier 2007 (Ministère de la Santé et des Services sociaux, 2006b). Le Défi J’arrête, j’y gagne!, initié en 2000, invite chaque année les fumeurs à cesser de fumer durant au moins six semaines consécutives. Enfin, les aides pharmacologiques à l’arrêt tabagique sont remboursées par le régime public d’assurance médicaments du Québec, et ce, depuis octobre 2000. » (iii)

Comme professionnels de la santé, que pouvons-nous faire de plus?

Les recommandations canadiennes et américaines sont unanimes (iv,v). Il est efficace de vérifier le statut de fumeur chez les patients adultes et de conseiller clairement la cessation. Lecounselling peut s’appuyer sur une méthode telle que les 5A ou l’entretien motivationnel. L’utilisation des aides pharmacologiques double les chances de réussite du fumeur ainsi que la référence aux ressources communautaires, dont les centres d’abandon du tabac. Ces ressources proposent du soutien intensif sous forme de rencontres individuelles ou de groupe. Le counseling face à face, de groupe et celui  offert par les lignes téléphoniques, comme celle du Québec 1-866-jArrete, est démontré efficace dans la littérature.

Pour que les professionnels interviennent avec succès auprès de leurs patients fumeurs, il est important de :

  1. Reconnaître que le counselling auprès des fumeurs fait partie de son rôle comme professionnel.
  2. Être compétent à intervenir avec un fumeur… sinon aller chercher les formations disponibles dans les directions de santé publique ou au CSSS de leur territoire.
  3. Connaitre les ressources communautaires et en ligne pour les fournir aux patients, soit :
  • Ligne J’ARRÊTE : 1 866 JARRETE (1 866 527-7383)
  • Centre d’abandon du tabagisme (CAT) de son Centre de santé et de services sociaux (toutes les adresses se trouvent en ligne sur le site http://www.jarrete.qc.ca/
  • Site Internet en soutien aux fumeurs (adultes et adolescent) qui veulent se libérer de cette dépendance : http://www.jarrete.qc.ca/
  • Site du concours annuel « Défi tabac » : www.defitabac.qc.ca/
  • Service de messagerie texte pour arrêter le tabac (SMAT) : http://smat.ca/

Plus il y a de ressources différentes, meilleures sont les chances de succès des fumeurs dans leur désir de cesser de fumer !

Un avenir sans tabac et un monde sans fumée

Le Surgeon General (2014) donne l’exemple de l’éradication de la variole et de la polio. Compte tenu des changements obtenus dans les cinquante dernières années, il souligne qu’il est possible d’espérer que dans 50 ans, le tabac sera éradiqué de notre planète si tous ensemble nous optimisons l’utilisation de tous les moyens mis en place dans cette lutte au tabagisme.


Références :

(i) Statistiques Canada, Enquête sur la santé dans les collectivités canadiennes, 2012 (consulté le 4 février 2014)
(ii) US Department of Health and Human Services, The Health Consequences of Smoking-50 Years of Progress-A Report of the Surgeon General,  2014  (consulté le 6 février 2014).
(iii) Tremblay M. et Roy JM., Plan québécois d’abandon du tabagisme, État de situation après 10 ans d’implantation, MSSS, 2013  (consulté le 14 février 2014).
(iv) Lignes directrices canadiennes de pratique clinique pour le renoncement au tabagisme (consulté le 12 février 2014)
(v) US Preventive Services Task Force (consulté le 12 février 2014).


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