Quelques 40,000 Québécois et Québécoises reçoivent chaque année un diagnostic d’infection transmissible sexuellement ou par le sang (ITSS): chlamydiose, gonorrhée, syphilis, VIH, hépatite C, virus de papillome humain, herpès. Le chiffre impressionne mais il n’inclut pas les personnes infectées qui l’ignorent. Et si rien n’est fait, l’histoire se répétera!
Les jeunes de 15 à 24 ans constituent le segment de la population qui compte le plus grand nombre de personnes infectées par une ITSS. Cependant, indépendamment de l’âge, d’autres groupes de la population sont également plus à risque et vulnérables, notamment les hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes, les personnes utilisatrices de drogues par injection, les Autochtones, les personnes originaires d’un pays où l’infection par le VIH est endémique, les personnes incarcérées, les travailleurs et travailleuses du sexe.
Pour mener des activités de prévention efficaces, on doit tenir compte non seulement des infections comme telles, mais aussi des facteurs de vulnérabilité des personnes et des milieux dans lesquels elles évoluent.
Afin de diminuer l’incidence de plusieurs ITSS, plusieurs stratégies doivent être mises en œuvre dont l’intégration des pratiques cliniques préventives (counseling dépistage, vaccination et traitement précoce) dans les services de première ligne et les activités quotidiennes des professionnels.
Des outils provinciaux ont été développés par les professionnels de santé publique afin de soutenir la pratique clinique des médecins et des infirmières en lien avec l’intervention préventive relative aux ITSS. Ils sont disponibles sur le site internet du ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS):
www.msss.gouv.qc.ca/itss section professionnels de la santé, rubrique outils: intervention préventive relative aux ITSS.
Ils ont tous fait l’objet d’une validation auprès d’experts du Comité ITSS de l’Institut national de santé publique.
Les outils sur le traitement des ITSS sont disponibles sur le site internet de l’INESSS au www.inesss.qc.ca à la section publication.
Si vous avez des questions, n’hésitez pas à communiquer avec les professionnels de votre direction de santé publique.
La médecine des voyages, un périple où le monde entier vient à vous !
Les belles aventures dans la vie débutent souvent par hasard. Mon histoire d’amour avec la santé-voyage a commencé il y a plus de 10 ans, par un détour en Extrême-Orient et en traversant une vaste région du Québec, la Montérégie.
Après une décennie de pratique en médecine familiale, je ressentais le besoin de me ressourcer et décidais de faire un stage en maladies tropicales au Vietnam, mon pays d’origine. Voilà comment j’ai attrapé la « piqûre » pour les parasites exotiques. J’ai aussi réalisé l’importance des bons programmes de santé publique, dont la vaccination, dans l’amélioration de la santé des patients.
Depuis 2001, je suis responsable à la Direction de santé publique de la Montérégie de la formation pour les cliniques santé-voyage. C’est un domaine relativement jeune de la médecine, mais qui demande une expertise et où la formation continue est essentielle.
J’organise régulièrement des réunions scientifiques pour les infirmières, médecins et pharmaciens de notre région. Les sujets portent entre autres sur les nouveautés en vaccination, les éclosions de maladies vectorielles (paludisme, fièvre dengue, fièvre jaune, etc.) ou encore les risques environnementaux (maladies de haute altitude, envenimations).
Au niveau provincial, je participe à la rédaction du Protocole d’immunisation du Québec et du Guide d’intervention santé-voyage, 2 outils sur lesquels les professionnels peuvent s’appuyer dans leur pratique de la santé-voyage. Ces documents sont disponibles en ligne aux adresses suivantes :
http://msssa4.msss.gouv.qc.ca/fr/document/publication.nsf/4b1768b3f849519c852568fd0061480d/6335dde40226af59852575cc0048804d?OpenDocument
et
http://www.inspq.qc.ca/pdf/publications/1083_GuideSanteVoyage2010.pdf
Comme le jugement clinique demeure indispensable, je maintiens aussi une pratique de 1re ligne en santé-voyage à la Clinique Santé-Voyage du CSSS Champlain–Charles-Le Moyne ainsi qu’à la Clinique Santé-Voyage de la Fondation du CHUM.
Chaque voyageur (et chaque voyage) est différent. On peut rencontrer une famille qui célébrera Noël en République dominicaine, une jeune maman qui part avec son nourrisson au Pakistan pour visiter les grands-parents, un patient immunosupprimé qui décide d’explorer l’Amazonie, ou de jeunes étudiants qui partent construire une école en Bolivie.
La santé-voyage est en pleine évolution présentement au Québec. Le développement ainsi que le maintien des compétences pour les professionnels de la santé représentent un défi constant et passionnant.
Je me dis souvent que la vie est une mer de connaissances, et qu’il faut toujours aller vers la lumière.
La prévention des infections au bureau et à domicileLa résistance croissante des bactéries aux antibiotiques fait maintenant partie des nouveaux défis de la médecine et représente une préoccupation de taille pour la santé publique. Afin de limiter la transmission de ces pathogènes dans les milieux de soins, des mesures de prévention et de contrôle des infections ont été élaborées par des comités d’experts tel le Comité des infections nosocomiales du Québec (CINQ). Celui-ci, composé de professionnels en prévention des infections et en santé publique, relève de l’Institut national de santé publique du Québec. Depuis la dernière décennie, les milieux de soins aigus du Québec ont été aux prises avec la transmission nosocomiale du Staphylococcus aureus résistant à la méthicilline (SARM) et de l’entérocoque résistant à la vancomycine (ERV). Dans le texte qui suit, nous allons énoncer les principales recommandations à suivre au bureau ou lors de visites à domicile concernant ces deux pathogènes.
Sachez que les lignes directrices sur le SARM intitulées Mesures de prévention et de contrôle des infections à Staphylococcus aureus résistant à la méthicilline (SARM) au Québec produites en 2006 sont toujours d’actualité. Le respect des pratiques de base demeure la clé du succès dans l’interruption de la transmission. Tel que dicté par celles-ci, le port de la blouse à manches longues, du masque et de la protection oculaire n’est nécessaire que lorsque vous procédez à une intervention pour laquelle il y a un risque de contact ou d’éclaboussure de liquides biologiques. L’hygiène des mains, primordiale, doit être faite avant et après tout contact avec un patient, après contamination avec un liquide biologique et après avoir retiré des gants. Ces mêmes recommandations s’appliquent lorsque vous visitez un patient connu porteur de SARM à domicile.
En attendant les nouvelles recommandations, les lignes directrices Mesures de contrôle et de prévention des infections à entérocoques résistants à la vancomycine au Québec, produites par le CINQ en 1999, sont toujours celles appliquées par les milieux de soins. L’intervenant qui donne des soins personnels (par exemple changements de pansements, soins corporels contaminants, soins de sonde, aspirations bronchiques) ou qui est en contact avec un environnement à risque d’être contaminé par les selles d’un patient porteur d’ERV doit appliquer les précautions additionnelles contre la transmission par contact en plus des pratiques de base, comprenant l’hygiène des mains, telles qu’expliquées ci-dessus. Les précautions additionnelles comprennent le port des gants ainsi que la blouse à manches longues. Il est important de porter une attention au matériel utilisé lors des soins : le matériel à usage unique devra être jeté et celui qui est réutilisable devra être nettoyé et désinfecté.
Quant à la visite à domicile d’un patient connu porteur d’ERV, voici quelques petites astuces pouvant favoriser de meilleures pratiques quant à la prévention de la transmission des infections. D’abord, n’apportez au domicile que le matériel nécessaire. Pensez à prendre connaissance du dossier avant votre visite pour ainsi éviter de l’apporter au domicile. Une fois à l’intérieur, laissez votre manteau et autres effets personnels à l’entrée. Un équipement jetable (incluant la blouse) devrait être privilégié et pourra être jeté avec les ordures ménagères. Après utilisation, placez l’équipement réutilisable destiné aux soins dans un sac de plastique séparément pour ensuite être nettoyé et désinfecté à votre retour au bureau avec un produit recommandé. Il est important avant de quitter le domicile de bien vous laver les mains à l’eau et au savon ou encore d’utiliser un rince-mains antiseptique.
Pour conclure, certaines bactéries avec de nouveaux profils de résistance, telles le Staphylococcus aureus ayant une sensibilité réduite à la vancomycine et les bêta-lactamases à spectre étendu dont les entérobactéries productrices de carbapénémases, font l’objet d’articles de plus en plus fréquents dans la littérature médicale. Cependant, c’est davantage dans les milieux de soins aigus que l’on craint leur apparition et leur transmission. N’hésitez pas à consulter l’équipe locale de prévention des infections de votre établissement pour davantage d’information. Tout compte fait, la prévention de la transmission des infections est l’affaire de tous. En tant que professionnels responsables de la santé de nos patients, nous avons un grand rôle à jouer et nous devons servir d’exemple auprès de ceux-ci, de même qu’auprès de nos collègues. Adoptons ces comportements préventifs pour la santé de nos patients… et la nôtre!
Nous vous invitons à consulter le détail des mesures décrites ci-dessus dans le document Mesures spécifiques de prévention et de contrôle des infections élaboré par la Direction de santé publique de la Montérégie en collaboration avec le ministère de la Santé et des Services sociaux. Il est disponible sous forme d’affiche ou de dépliant et vous pouvez le télécharger ou le commander à l’adresse suivante : http://msssa4.msss.gouv.qc.ca/fr/document/publication.nsf/4b1768b3f849519c852568fd0061480d/7f4b8ccdb3018c72852571e30060a06e?OpenDocument.
Le service de garde en santé publique vise les situations où une intervention urgente est requise pour les situations cliniques impliquant une maladie infectieuse ou un problème environnemental. Les médecins du service de garde sont disponibles par exemple pour :
Les appels nécessitent rarement des déplacements pour effectuer les actes de santé publique, mais peuvent engendrer beaucoup de temps de travail à domicile ou au bureau selon la situation.
Le service de garde en santé publique s’adresse à tous les professionnels de la santé et est disponible 24 heures sur 24, 7 jours semaine. Tous les appels en provenance de la population doivent être référés au service Info Santé 811.
Le médecin qui assure la garde dans les secteurs d’activité en maladies infectieuses (155XXX) et en santé environnementale (165XXX) lors de services dispensés sur place lorsqu’il est appelé à se déplacer peut bénéficier des majorations incluses dans le tableau des heures défavorables en santé publique.
Lors de la dernière réunion du Comité de santé publique de la FMOQ en octobre dernier, il a été convenu que la FMOQ fera les démarches nécessaires auprès des représentants du ministère de la Santé et des Services sociaux afin de faire reconnaître dans l’entente sur les heures défavorables tous les services dispensés dans le cadre du service de garde de santé publique en maladies infectieuses et en santé environnementale et ce sans qu’un déplacement ne soit nécessaire, ainsi, que tous les services dispensés, peu importe le secteur d’activité, lorsqu’un mandat donné par le directeur de santé publique est jugé urgent ou nécessitant de travailler en heures défavorables.
Les dés sont lancés… quelle sera maintenant la réponse du MSSS?
