Rémunération



La retraite et la fiscalité

 

La fiscalité et les médecins de l’AMCLSCQ

La retraite et la fiscalité

Conseil et investiseement Fonds FMOQ inc., collaborateur au bulletin
Bulletin août 2018

Le passage de la vie active à la retraite amènera plusieurs ajustements, même au niveau fiscal. En effet, de nombreux éléments affecteront les impôts que vous paierez et par le fait même ce qui vous restera pour soutenir votre niveau de vie.

Compte tenu de la quantité de mesures à incidence fiscale pour la retraite, nous vous les présenterons en deux volets.

Volet I – Déductions à la source, FERR, Acomptes Provisionnels, Fractionnement de revenus de retraite admissibles, Division de la rente de retraite du RRQ, et REER conjoint cotisant

Déduction à la source

Un des changements importants auquel vous devrez vous habituer, c’est le fait que vous recevrez pour la plupart plusieurs sources de revenus à la retraite (rente de retraite du RRQ, pension de la sécurité de la vieillesse (PSV), rente de votre régime de retraite, REER, CRI, revenus de placements, etc.).

Les impôts à payer sur ces différents types de revenus seront pris par retenues à la source et/ou lors de la production annuelle de vos déclarations de revenus. Il est donc essentiel de bien comprendre leur fonctionnement respectif afin d’éviter les mauvaises surprises.

Des impôts seront prélevés à la source selon les tables d’impôt fédéral et québécoise par la RRQ, la PSV et votre régime de retraite. Le problème toutefois est que les impôts prélevés se feront source par source alors que le calcul réel lors de la production des déclarations de revenus sera fait sur le total des revenus imposables, ce qui vous laissera probablement un solde d’impôt à payer.

FERR

Dès l’année suivant celle où vous aurez transformé vos REER en FERR, vous devrez effectuer un retrait minimum de votre FERR. Le retrait minimum du FERR sera imposable mais aucune rete‐ nue d’impôt ne sera faite à la source par votre institution financière, et vous devrez donc prévoir un solde d’impôt à payer lors de la production de vos déclarations de revenus.

Toutefois, si vous effectuez un retrait supplémentaire au retrait minimum, des impôts seront retenus à la source par votre institution financière en fonction du montant (≤ 5 000$ = 5% fédéral et 15% Québec; 5 001$‐15 000$ = 10% fédéral et 15% Québec; > 15 000$ = 15% fédéral et 15% Québec). Il est important de comprendre que le calcul définitif d’impôt se fera lors de la production de vos déclarations de revenus, ce qui pourrait causer un ajustement des impôts à payer à la hausse ou à la baisse.

Acomptes provisionnels

Si vous avez un solde d’impôt à payer supérieur à 1 800 $ Canada ou au Québec dans l’année en cours et pour l’une des deux années précédentes, les autorités fiscales vous demanderont d’effectuer des paiements d’acomptes provisionnels à dates fixes (15 mars, 15 juin, 15 septembre et 15 décembre).

Il est important, lorsque vous recevez une demande de versement d’acomptes provisionnels, de bien comprendre la raison de cette demande. Ensuite, vous serez en mesure de déterminer comment réagir. Vous pouvez soit payer les montants demandés, soit payer des montants moindres, ne rien payer ou encore augmenter les déductions à la source sur vos revenus.

Attention toutefois de ne pas sous‐évaluer vos impôts à payer, sinon des pénalités et intérêts pourraient s’appliquer si les acomptes.

La retraite et la fiscalité

Certains revenus de retraite seront partageables aux fins fiscales :

 

  • Avant 65 ans au Canada seulement : la rente d'un régime de pension agréé;
  • Dès l’âge de 65 ans : la rente d'un régime de pension agréé, le retrait d’un FERR ou FRV.

 

Il faut bien s’assurer que le retrait est fait d’un FERR et non d’un REER afin qu’il soit admissible au fractionnement.

Le fractionnement de ces revenus permettra de réduire le fardeau fiscal global du couple en bénéficiant d'un taux d'imposition plus faible mais en permettant parfois d'obtenir un deuxième crédit pour pension dans certains cas, et même de récupérer une part de pension de la sécurité de vieillesse.

Division de la rente de retraite du RRQ

Dès que les deux conjoints du couple recevront leur rente de retraite, une demande de division des rentes de retraite pourra être faite à la RRQ.

Cette division aura pour effet de verser une partie de la rente de retraite du conjoint ayant la plus grosse rente et le plus haut niveau d’imposition en faveur de l’autre conjoint.

Cette stratégie a aussi pour objectif de réduire le fardeau fiscal du couple.

REER conjoint cotisant

Lorsque le couple est en période d’accumulation pour la retraite, une bonne planification du niveau d’imposition de chacun des conjoints au moment de la retraite permettra de minimiser la charge fiscale durant la période de décaissement en contribuant au REER du conjoint qui aura le plus faible taux d’imposition à la retraite.

À la lumière des différents éléments mentionnés, seule une analyse détaillée de votre situation vous assurera de bénéficier de tous les allègements fiscaux disponibles et ainsi de minimiser votre fardeau fiscal. Nos professionnels sont disponibles pour vous guider dans cette démarche; n’hésitez pas à les consulter.

Dans la prochaine chronique nous aborderons, dans cette thématique de la retraite et la fiscalité, les thèmes suivants : Récupération de la PSV, Maintien à domicile des aînés, Biens prolongeant l’autonomie, Activités physiques et artistiques, Régime d’Accession à la Propriété (RAP), Cotisation REER à 71 ans, Crédit pour revenu de pension à 65 ans, Planification des frais médicaux, Dons de bienfaisance et Séjours aux États‐Unis.

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Tout est dans la planification

Conseil et Investissement Fonds FMOQ inc., collaborateur AMCLSCQ
bulletin, décembre 2017

Vous avez un bon comptable pour préparer vos déclarations de revenus, vous suivez de près les évolutions boursières et vos choix de placements ont déjà porté leurs fruits, vous faites affaire avec un courtier en assurances et estimez gérer adéquatement vos risques, votre testament est fait… Manque-t-il quelqu’un dans le tableau pour mener à bien vos projets de retraite ou ceux à court ou moyen terme?

Tous les volets précités sont importants, mais rappelez‐vous qu’ils doivent être analysés dans leur ensemble, en tenant compte de vos objectifs et de vos valeurs. C’est exactement le mandat que l'on confie habituellement à un planificateur financier. Son rôle, parfois mal compris ou sous‐estimé, consiste à formuler des recommandations et à élaborer des stratégies en lien avec vos besoins et vos priorités. C’est cette approche personnalisée qui en fait un allié précieux dans l’atteinte de vos objectifs.

Tout le monde connaît des « règles du pouce » en matière d’épargne ou de planification, comme mettre de côté 10 % de son revenu net ou prévoir 70 % du salaire brut de la vie active pour la retraite, etc. Le hic c’est que cela est possiblement vrai pour la majorité des gens, mais peut‐être pas pour vous ou pas à cette étape de votre vie. Si vous participez à un RREGOP, l’épargne de 10 % peut s’avérer moins pertinente surtout si vous avez des dettes coûteuses. La règle du 70 %, suivie au pied de la lettre, sans égard à votre style de vie et son évolution dans le temps, n’a strictement aucun sens. Une personne ayant un train de vie fort modeste et disposant de revenus élevés aura besoin d’un revenu de remplacement moindre qu’une personne ayant un proche handicapé à charge ou celle qui envisage de faire de longs séjours à l’étranger. Des cas de figure sont multiples.

Pour analyser tous ces aspects dans l’optique de votre situation financière et familiale, l’aide du planificateur financier s’avère essentielle. Selon l’Institut québécois de planification financière (IQPF), organisme qui réglemente cette profession, la planification financière personnelle intégrée constitue un processus structuré d’optimisation de la situation financière et du patrimoine d’un consommateur, en fonction des contraintes et des objectifs personnels de celui‐ci. Ainsi, dans l’exécution de son mandat, le planificateur financier s’appuie sur sept domaines d’intervention, soit : 

1. Aspecst légaux. Le planificateur doit comprendre votre situation juridique. Il peut s’agir de vos obligations financières à l’égard d’un conjoint ou des enfants, ou encore de vos droits ou engagements en vertu de conventions d’actionnaires, de contrats de société ou d’actes de fiducie, etc. Le planificateur financier évalue ces renseigne‐ ments légaux susceptibles d’avoir des répercus‐ sions sur votre situation financière.

2. Assurances et gestion des riques. Ce champ d’expertise vise à définir les stratégies pour gérer l’exposition au risque d’une perte financière à la suite d’un décès, d’une maladie ou de dommages à la propriété. La démarche du planificateur financier consiste à comparer vos risques avec vos actifs et couvertures d’assurances souscrites afin de repérer de potentielles lacunes et formuler des recommandations. Contrairement à ce que l’on peut penser, certaines personnes sont « surassurées », donc présentent un cumul excessif d’assurances.

3. Finances. Dans ce domaine, on analyse votre situation financière actuelle et future. Celle‐ci dépend de votre valeur nette, de vos revenus et de vos dépenses. Ces données sont cruciales pour prévoir la progression de vos actifs en fonction de vos habitudes d’épargne et de votre coût de vie. Souvent, ce volet traite du bilan, du budget, de l’endettement et des stratégies d’optimisation qui peuvent en découler.

4. Fiscalité. Le planificateur financier identifie l’ensemble de vos obligations fiscales afin de faire ressortir les stratégies visant à réduire ou à reporter l’imposition. Optimiser ce volet équivaut à renforcer votre situation financière puisque la plupart des décisions financières comportent des implications fiscales.

5. Placements. L’objectif de ce domaine consiste à trouver la meilleure façon de gérer vos actifs producteurs de revenus, tout en tenant compte de votre tolérance au risque, de votre horizon de placement et de vos besoins de liquidités. Le planificateur analyse vos portefeuilles de placement, formule des recommandations personnalisées. Étant donné que certains régimes offrent un traitement fiscal plus avantageux pour telle ou telle classe d’actifs, votre planificateur financier pourrait vous suggérer, entre autres, de concentrer des titres générateurs de revenus d’intérêt ou à dividendes étrangers dans vos REER et de transférer vos actions et autres placements de croissance en dehors du REER, etc.

6. Retraitre. Le plus connu et le plus recherché, ce domaine d’intervention se concentre sur l ’élaboration des stratégies d’accumulation et d’utilisation de l’épargne‐retraite. Le planificateur compare le style de vie désiré à la retraite avec le capital et les sources de revenus disponibles à la retraite afin de s’assurer que ces derniers seront suffisants. Chiffres à l’appui, il pourra vous dire si vos rêves de retraite sont réalisables à l’âge que vous souhaitez, indiquer d’où proviendront vos revenus (rentes, REER, FERR, placements non enregistrés, vente d’actifs, etc.) ainsi que la somme que vous devez épargner pour les obtenir, le tout accompagné d’un plan d’action détaillé.

7. Sucession. Ce domaine regroupe tous les aspects relatifs à la planification successorale en tenant compte de vos volontés, et le résultat que vous désirez obtenir. Par exemple, assurer la sécurité financière de votre conjoint, faire fructifier le patrimoine jusqu’à ce que les enfants atteignent un certain âge, éviter de devoir vendre certains biens d’une valeur sentimentale pour payer des dettes, etc. Le planificateur financier évalue vos souhaits en matière de legs et la valeur des actifs transférés aux héritiers. Il repère des éléments susceptibles de favoriser l’atteinte de vos objectifs successoraux et élabore des stratégies afin de maximiser votre valeur successorale nette. 

Vu la complexité et l’interdépendance des domaines indiqués ci‐dessus, il est primordial de confier votre planification financière à un professionnel dûment accrédité. Au Québec, toute personne qui se dit planificateur financier (Pl.Fin.) doit être titulaire d’un diplôme décerné par l’IQPF et posséder un certificat de l’Autorité des marchés financiers lui permettant d'exercer dans la discipline de la planification financière. Une fois son droit d’exercer confirmé, n’hésitez pas à poser des questions à votre planificateur financier sur son expérience et ses compétences. Est‐ce que des situations financières comme la vôtre lui sont familières? Comment est‐il rémunéré (à commission ou à salaire)? Son mode de rémunération risque‐t‐il d’affecter son impartialité? De plus, rien ne vous interdit de demander de voir un exemple de ce que sera votre plan d’action ainsi que de préciser la fréquence à laquelle sera révisé votre dossier, le tout dans le but de choisir le professionnel qui répond à vos critères.

En conclusion, faire des projections financières, surtout si on doit tenir compte de plusieurs facteurs en même temps, peut s'avérer compliqué. Il est judicieux de se faire guider par un planificateur financier pour optimiser sa situation et tirer le maximum de ses efforts d’épargne. Atteindre ses objectifs, qu’ils soient personnels ou financiers, n’est pas sorcier, il suffit de planifier!

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